Simple passage obligé pour Laval et Montréal ?

La parité s’installe de plus en plus au sein du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ). Néanmoins, à moins d’une immense surprise, les demi-finales ne devraient qu’une fois de plus avoir des allures de passage obligé pour les deux équipes les mieux classées au Canada.

Par Arnaud Koenig-Soutière

Le Rouge et Or de l’Université Laval et les Carabins de l’Université de Montréal se sont affrontés lors de cinq des six dernières coupe Dunsmore. Laval en a remporté trois, Montréal, deux. Lors des 14 dernières saisons, Glen Constantin a vu les siens remporté 12 titres de saison régulière ; Montréal vient de goûter à son deuxième.

L’hégémonie lavalo-montréalaise semble être à son paroxysme. Les deux formations sont pratiquement intouchables du point de vue des autres universités québécoises.

Les Stingers de l’Université Concordia et les Redmen de l’Université McGill tenteront de renverser cette écrasante domination, samedi, alors qu’ils se frotteront respectivement au Rouge et Or et aux Carabins.

Aperçu des demi-finales québécoises dans le RSEQ.

9-con-vs-lav

La troisième fois sera-t-elle la bonne ?

C’est la troisième fois en autant de saisons que les Stingers se rendront au PEPS de l’Université Laval dans le rôle de (très) négligé. Les deux dernières visites de Mickey Donovan et ses joueurs ont résulté en de longues balades de retour vers Montréal, eux qui s’étaient inclinés 52-8 l’an dernier et 74-18 en 2014.

Un énorme point d’interrogation plane toutefois au-dessus des Stingers. La présence de son quart-arrière étoile Trenton Miller est considéré comme incertaine, lui qui s’était blessé à l’entraînement la semaine dernière dans des circonstances nébuleuses. Dans les faits, Miller a fait le voyage avec ses coéquipiers à Québec et a obtenu le verdict du médecin vendredi après-midi. Par contre, le mystère persiste toujours et on ne devrait connaître le pivot partant qu’au cours de la séance d’échauffement. Si l’Américain n’est pas en mesure d’être en uniforme, ce sera Colin Sequeira qui prendra les rênes de l’attaque pour une deuxième rencontre de suite.

 

Une formation guidée par Miller aurait des chances de surprendre. Concordia est l’équipe ayant offert l’opposition la plus féroce au Rouge et Or, exception faite des Carabins, eux qui s’étaient inclinés 37-18 en début de saison.

Le coordonnateur offensif Matt Connell a finalement utilisé, un peu par la force des choses, son attaque au sol lors du dernier match. Le résultat a été éclatant, alors que le porteur Jean-Guy Rimpel a couru 36 fois – un record du RSEQ – pour des gains de 237 verges et 3 touchés. Disons qu’une attaque diversifiée ne ferait pas de mal aux Piqueurs, elle qui a été outrageusement unidimensionnelle cette saison, lançant dans près de 70% de ses jeux. Et ce ne sont pas les armes offensives qui manquent chez les Piqueurs.

Le Rouge et Or, fidèle à lui-même et confirmé par 12 sélections sur l’équipe d’étoiles, peut faire ce qu’il veut tant en attaque qu’en défense tellement il présente des munitions. Le quart Hugo Richard est autant en mesure d’exécuter un plan de match aérien qu’une approche axée principalement sur le jeu au sol. Dans les deux situations, Richard est dangereux et peut faire payer la défense adverse avec ses jambes ou son bras. Le pivot lavallois devra toutefois rester concentré et éviter les fautes mentales. Les petites erreurs sans trop de conséquences qu’il a commises durant la saison régulière ne pardonneront plus en éliminatoires.

Il s’agira d’un immense défi pour la défense des Stingers. Les Sam Narkaj, Samuel Brodrique, Michael Asibuo et compagnie devront livrer leur meilleure performance de l’année. Narkaj aura la lourde tâche de se frotter aux gros bonshommes lavallois, mais il est tout de même en mesure de faire des jeux, lui qui a terminé la saison avec 6 sacs et 10 plaqués pour pertes, deux statistiques bonnes pour le 2e rang au Québec. Brodrique sera essentiel pour appuyer la défense contre la course, tandis qu’Asibuo, avec ses quatre interceptions, pourrait fortement accroître les chances de son équipe en subtilisant un – ou deux – ballons au Rouge et Or.

Je vois mal comment Concordia pourra vaincre Laval en gardant ses vieilles habitudes offensives, soit d’exclusivement opter pour la passe. Lors du dernier match entre les deux équipes, le Rouge et Or n’appliquait pratiquement aucune pression supplémentaire, se limitant à ses quatre, voire trois, joueurs de ligne défensive pour pourchasser Miller. Le coordonnateur défensif Marc Fortier avait préféré patrouiller la tertiaire en grand nombre, ce qui ne laissait aucune option au quart américain.

Évidemment, cet aperçu et le match en entier dépendront de la présence de Miller au poste de quart. S’il n’y est pas, on vous laisse estimer les chances des Stingers de causer la surprise de l’année au football universitaire canadien !

9-mcg-vs-mtl

Redmen – Carabins, prise 2

Les deux équipes s’affronteront pour une deuxième semaine consécutive, cette fois sur le flan nord du Mont-Royal. Malgré l’enjeu particulier du dernier match – les Carabins devaient allouer le moins de points possible –, les Redmen ont réalisé quelques bons coups et ont chèrement vendu leur peau, s’inclinant 13-0.

La dernière fois que McGill a disputé une rencontre relativement serrée aux Carabins était en 2008, alors que les hommes en rouge s’étaient avoués vaincus par la marque de 32-13.

Sans rien enlever aux Redmen et notre entraîneur par excellence au Québec, la donne devrait être totalement différente cette semaine. Danny Maciocia et ses acolytes n’hésiteront pas à prendre des risques des deux côtés du ballon, contrairement à ce qui s’est fait il y a sept jours. Le livre de jeux des Bleus n’a pratiquement pas été ouvert, ce qui laisse encore un éventail d’options encore inconnues par les Rouges.

Force est d’admettre toutefois que McGill a fort bien fait au Stade Percival-Molson, il y a une semaine. Malgré un défense étanche, le quart Frédéric Paquette-Perreault a réussi à compléter quelques longs jeux. La clé du succès aujourd’hui sera toutefois de limiter ses mauvaises lectures. Deux de ses passes ont abouti en mauvaises mains lors du dernier match, confirmant une fois de plus la principale lacune des Redmen. Ces derniers affichent le pire différentiel au Québec au chapitre des revirements.

L’attaque au sol de McGill avait été confinée au silence, étant limitée à moins de 30 verges. Il en sera assurément autrement cette fois. Il s’en est fallu de bien peu, et ce en plusieurs occasions, qu’un porteur perce la boite défensive des Carabins. De petits détails empêchaient le jeu d’aboutir ; des détails qui ont sans aucun doute été fixés cette semaine.

La mauvaise nouvelle pour les Redmen est que les Carabins représentent une équipe forgée pour le football de fin d’automne. Incroyablement efficace par la passe – trois des quatre meilleurs receveurs au Québec portent du bleu –, Marco Iadeluca possède aussi toute une main dans le champ arrière. Ses ressources sont pratiquement illimitées, mais surtout de qualités. Il peut également compter sur une ligne à l’attaque qui a alloué le moins de sacs, tout en engrangeant le plus de verges au sol. Les Sean-Thomas Erlington, Gabriel Parent, Julien Choquette-Daigneault, Will Altema et Khalil Kerr sont tous à prendre très au sérieux pour toute défense qui se respecte.

Les Carabins sont une fois de plus en mission ; les Redmen voudront surprendre. Si l’un n’équivaut pas à l’autre sur papier, les résultats sur le terrain pourraient tout de même nous prendre par surprise. De livrer une honnête bataille aux Bleus représenterait tout un avancement pour Ron Hilaire et son équipe d’entraîneurs, particulièrement en ce qui a trait au recrutement. Difficile, cependant, d’imaginer un scénario de coupe Dunsmore qui diffère des trois dernières années.

Crédit photo: Dominique Bernier

Laisser un commentaire

Votre adresse de courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *