L’écriture d’un nouveau chapitre

On dit que l’être humain a peur du changement. Eh bien, les amateurs de football universitaire québécois ne seront pas trop dépaysés, samedi. Pour notre plus grand plaisir, le Rouge et Or de l’Université Laval et les Carabins de l’Université de Montréal écriront un nouveau chapitre d’une rivalité déjà riche en histoire.

Par Arnaud Koenig-Soutière

C’est la 5e fois en six saisons que les deux grands rivaux se frotteront l’un à l’autre dans le but d’obtenir la coupe Dunsmore. Cependant, c’est la première fois au cours de cette période, et la première fois depuis 2004, que cette rencontre sera disputée en territoire bleu, au CEPSUM.

Aucune fine analyse de ce duel ne pourrait prétendre avec certitude qu’un ou l’autre l’emportera. L’écart entre les deux formations est infinitésimal et l’issue de la rencontre pourrait se jouer sur des détails difficilement perceptibles de l’œil du commun des mortels.

Pour la courte histoire des affrontements entre les deux équipes cette saison, chacun a vaincu l’autre à l’étranger, par trois points, sur une fin de match qui aurait pu être différente. Les deux équipes présentent des quarts aux statistiques presqu’identiques, idem pour les quarts, la ligne offensive et l’unité défensive.

Une prédiction qui peut presque d’ores et déjà être abordée comme une vérité, c’est que l’écart de points s’arrêtera à un touché tout au plus – si touché il y a !

Ainsi donc, la plus fine des analyses ne saurait départager les deux rivaux, vous disait-on… C’est pourtant ce que nous ferons aujourd’hui, unité par unité ! Comme il serait bien trop facile et logique de qualifier chaque facette ex-aequo, nous trancherons toujours d’un côté ou de l’autre, selon des aspects aussi minimes soient-ils, au besoin !

 

Quart-arrière – Avantage Montréal

Samuel Caron ou Hugo Richard. Hugo Richard ou Samuel Caron.

Malgré le fait qu’Hugo Richard ait été notre joueur par excellence et notre quart sur l’équipe d’étoiles, on penche du côté du quart des Carabins.

La tenue de Caron lors de moments charnières a été irréprochable, contrairement à Richard lors du premier match de la saison. Le quart de quatrième année a été incisif dans ses passes et intelligent dans ses prises de décision tout au long de la campagne. Il sera intéressant de voir s’il continuera sur sa lancée samedi. Le pivot des Bleus aura également la chance de jouer devant les (bruyants) siens, ce qui est un atout non-négligeable dans les circonstances.

 

Porteurs de ballon – Avantage Laval

Très difficile à départager, à l’instar du reste. On penche néanmoins du côté de Laval puisque le champ arrière du Rouge et Or a été utilisé modérément la semaine dernière, aucun porteur ne courant à plus de six reprises. L’effectif semble être exempt de blessures, contrairement à Sean Thomas Erlington qui, bien malgré lui, a l’air de connaître une saison difficile de ce côté. Christopher Amoah et Vincent Alarie-Tardif sont tous les deux de solides porteurs qui pourraient faire une différence à coup de cinq verges et de plaqués brisés.

 

Receveurs de passe – Avantage Montréal

Moins difficile, ici. Les Régis Cibasu, Louis-Mathieu Normandin, Guillaume Paquet, Samuel Nadeau-Piuze et autres ont été redoutables tout au long de la saison et constituent sans aucun doute la meilleure unité de receveurs au Québec, si ce n’est pas au Canada. Ils auront un grand défi en affrontant une tertiaire fort talentueuse menée par deux vétérans de cinquième année.

 

Ligne à l’attaque – Avantage Montréal

Les deux unités de gros bonshommes ont terminé deuxièmes et troisième pour les sacs alloués et aux deux premiers rangs pour les verges amassées au sol, Montréal ayant l’avantage dans chaque catégorie. Les bobos semblent persistants sur la ligne montréalaise et cela pourrait causer quelques maux de tête à Tony Addona durant la rencontre. Le retour de Marc Glaude et l’excellente tenue de Gustave Sylvestre à gauche de la ligne depuis les dernières rencontres fait pencher la balance du côté des Carabins.

 

Front défensif – Avantage Montréal

Deux certitudes persistent dans le football québécois : ne pas parier contre Junior Luke, et ne pas parier contre Mathieu Betts. Or, nous devons trancher, et Betts a l’avantage. La simple raison : il applique de la pression sur le quart comme pas un et le match devrait se jouer, si l’on se fie aux allures de la saison, en grande partie par la passe. Pour ajouter à ce point, il annonce beau à Montréal samedi. Je ne serais pas prêt à parier sur lequel des deux obtiendra le plus de sacs, cependant.

Ce qui fait toutefois pencher du côté des Bleus, c’est l’expérience du front défensif. Les Luke, Jonathan Boissonneault-Glaou, Émile Charron-Ligez, Mathieu Dupuis et les secondeurs ont fait la différence lors des deux dernières coupes Dunsmore.

 

Tertiaire – Avantage Laval

Les joueurs de cinquième année Alex Hovington et Gabriel Marcoux ont pris sous leurs ailes les jeunes talents lavallois comme Marc-Olivier Simard et Adam Auclair de brillante façon. Le Rouge et Or n’a concédé que deux touchés par la passe cette saison et n’a alloué qu’une dizaine de verges supplémentaires en moyenne par match que les Carabins. S’il y a une unité qui pourrait faire la différence samedi, c’est bien celle-ci.

 

Unités spéciales – Avantage Laval

Un duel entre les deux meilleurs botteurs au Québec. Laval a toutefois un mince avantage en vertu des qualités de botteur de placement de Dominic Lévesque. Petit impondérable : Lévesque voudra assurément venger son botté bloqué de l’année dernière. La vengeance est un plat qui se mange froid !

 

Entraîneurs – Avantage… ex-aequo

J’avais promis… mais celle-ci est trop difficile, réellement. Rien ne permet de départager les deux équipes d’entraîneurs. Tant sur le plan de l’expérience qu’en termes de qualité, Glen Constantin et Danny Maciocia misent, en plus d’eux-mêmes, sur les meilleures têtes de football de la province. Les deux savent où ils s’en vont et connaissent leurs adversaires sur le bout de leurs doigts. C’est réellement sur le terrain que le tout se jouera.

 

Impondérables – Avantage Laval

On comprend l’avantage du terrain, mais Laval est tout de même parvenu à l’emporter au CEPSUM il y a moins d’un mois. Le facteur sur lequel on se concentre est celui des punitions. Les Carabins sont imprudents de ce côté et devront penser davantage dans le feu de l’action avant de commettre une erreur stupide. De plus, les Lavallois arriveront au CEPSUM dans un rôle de négligé et voudront ramener le trophée dans son deuxième domicile, Québec.

Comme l’ont déjà dit plusieurs, tirez à pile ou face et vos chances de viser juste seront les mêmes !

Crédit photo : Dominique Bernier

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