Coupe Uteck : Laval dans ses vieilles pantoufles

Le Rouge et Or de l’Université Laval est de retour dans ses vieilles pantoufles. Après en avoir été écartés durant deux saisons, les Lavallois feront leur retour dans le carré d’as canadien en tant que favori parmi les prétendants à la coupe Vanier.

Par Arnaud Koenig-Soutière

La place québécoise parmi les quatre finalistes canadiens a été le siège attitré du Rouge et Or durant 11 ans, de 2003 à 2013. D’ailleurs, le portrait actuel est un copier-coller quasi-identique de la saison 2004. Vous visez juste: cette saison 2004 qui, avant cette année, était la dernière fois que les Carabins de l’Université de Montréal avait accueilli la finale québécoise. Laval l’avait emporté, comme cette année. La troupe de Glen Constantin avait ensuite croisé le chemin des Golden Hawks de l’Université Wilfrid-Laurier… son adversaire de samedi. Pour conclure cette analogie nostradamussien, Laval avait gagné cette rencontre, en route vers la troisième coupe Vanier de sa jeune histoire.

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Guerre de tranchée

L’expression est vraie à chaque rencontre, mais certaines fois, elle a préséance sur tout le reste. Ce sera le cas, samedi, au PEPS de l’Université Laval.

Les Golden Hawks ont présenté la meilleure attaque au sol au Canada avec 281 verges de gain en moyenne par match cette saison. Laurier sera toutefois toujours privée de son meilleur porteur, Eric Guiltinan, qui a subi une commotion cérébrale en demi-finale ontarienne contre les Marauders de l’Université McMaster. Les représentants de l’Ontario et champions de la coupe Yates pourront tout de même miser sur ses collègues Levondre Gordon (79,6 verges en moyenne par match) et Osayi Iginuan (44,5 verges par match). Le jeu d’option pourrait également représenter une alternative fort intéressante pour pallier l’absence de Guiltinan. Le jeune quart format géant Michael Knevel (6’5’’, 220 lb) est très mobile et est certainement en mesure d’apporter un bon support à l’attaque terrestre.

L’approche offensive prônée par l’entraîneur-chef Michael Fauld et son coordonnateur offensif Mark Surya contraste avec ce qui se jouait au Québec cette saison. Un véritable clivage entre la passe et la course, alors que Knevel n’a tenté que 134 passes en saison régulière. À titre comparatif, le quart des Stingers Trenton Miller en a tenté 304 et le quart du Rouge et Or Hugo Richard a lancé la peau de cochon à 237 reprises. En fait, Laurier est la seule équipe au Canada qui a lancé moins de 200 fois le ballon.

L’attaque aérienne des Ontariens ne sera tout de même pas à prendre à la légère. En raison d’un déficit de 21 points au 4e quart de la finale, Knevel a été appelé à lancer souvent et il a excellé. Il a terminé la finale avec 22 passes complétées en 36 tentatives, 309 verges de gain et trois passes de touché.

Dans les circonstances, le front défensif du Rouge et Or aura fort à faire. Après avoir relevé le défi colossal de freiner la meilleure attaque terrestre au Québec, les Lavallois devront à nouveau se retrousser les manches. Laval a présenté la troisième meilleure défense au pays contre la course.

Notons que les statistiques sont quelque peu décalées en raison du fait que le Québec est une conférence beaucoup plus axée sur le jeu aérien. Il n’en reste pas moins que même en terme de qualité, Laval a sans aucun doute l’une des meilleures brigades au pays. D’ailleurs, c’est la première fois qu’une formation hors-Québec aura l’occasion de faire la connaissance de l’ailier défensif Mathieu Betts dans un match qui signifie quelque chose. Une rencontre que les bloqueurs des Golden Hawks doivent assurément appréhender.

Éviter les erreurs

La clé se trouve ici. Si le Rouge et Or est en mesure de limiter les erreurs en attaque, la peau des Golden Hawks ne vaudra pas bien cher. Il s’agit cependant d’un terrain miné.

La défense des champions ontariens s’est classée première au pays pour les sacs (36), pour les revirements provoqués (27) et pour les touchés défensifs (6). L’ailier défensif Kwaku Boateng, le meilleur espoir issu du U Sports en vue du prochain repêchage de la Ligue canadienne, est un phénomène athlétique. Il a terminé la saison avec 6,5 sacs, bon pour le 5e rang au Canada. Il a également rabattu six passes et forcé quatre échappés.

 

Le secondeur Nakas Onyeka sera également à surveiller, lui qui est classé 16e en vue du prochain repêchage de la LCF. Onyeka a affiché le 5e plus haut total de plaqué au pays avec 59,5. Malgré cela, l’athlétique numéro 11 excelle davantage en protection de passe où il couvre beaucoup de terrain. Le demi défensif Michael Thompson, le numéro 8, sera aussi à avoir à l’œil. Il a réalisé cinq larcins en saison régulière.

 

 

Le quart Hugo Richard en aura probablement plein les bras avec la défense des Golden Hawks. La combinaison d’un front capable de le presser dans ses lectures à une tertiaire athlétique ayant le flair pour le ballon représentent tout un défi. Un Richard calme et confiant guiderait assurément le Rouge et Or droit vers la coupe Vanier.

L’un de ses meilleurs atouts des Lavallois est l’équilibre prôné par Justin Éthier en attaque. Les Golden Hawks pourraient soit se frotter constamment à Vincent Alarie-Tardif et Christopher Amoah, soit pourchasser sans cesse Jonathan Breton-Robert, Anthony Auclair, Félix Faubert-Lussier et compagnie. Éthier a beaucoup plus de cartes dans son jeu, ce qui est un avantage énorme.

Question de confiance

Un point d’interrogation persiste dans le clan lavallois : la position de botteur. Une situation inhabituelle pour Glen Constantin, habitué de compter sur l’un des meilleurs botteurs au pays année après année. Or, la confiance de Dominic Lévesque semble à son plus bas. Le produit des Cougars de Champlain-Lennoxville n’a réussi qu’un seul de ses six placements face aux Carabins la semaine dernière.

Constantin aura probablement la mèche courte avec Lévesque samedi. La première erreur du botteur sera fort probablement sa dernière de la rencontre, et Félix Faubert-Lussier sera appelé à s’exécuter comme à l’époque où il évoluait pour les Spartiates du Vieux-Montréal.

Coupe Mitchell : David contre Goliath

Dans l’autre demi-finale, les Dinos de l’Université de Calgary recevront les X-Men de l’Université St. Francis Xavier. Les champions de l’Ouest sont clairement favoris face aux X-Men, vainqueurs d’une conférence moribonde.

St. FX a certes bien performé cette saison. Ils ont d’ailleurs livré un féroce duel aux Stingers de l’Université Concordia, s’inclinant finalement 17-11. Ils ont un quart-arrière dangereux avec la présence du joueur de cinquième année Tivon Cook. Il reste que les excellents résultats de la troupe de Gary Waterman ont été acquis aux dépens de trois formations des Maritimes qui en arrachent et leur seule défaite a été encaissée au profit d’un adversaire qui a connu une saison 2016 somme toute décevante.

Les Dinos ont décroché un gain à l’arrachée de 46-43 en finale de la coupe Hardy contre les champions nationaux, les Thunderbirds de UBC. L’attaque pilotée par le quart recrue et ancien des Islanders de John-Abbott, Adam Sinagra, est également très équilibrée et prête à exploser de n’importe où. Elle s’est d’ailleurs classée 5e au pays pour les verges amassées et n’a concédé que trois interceptions cette saison. Leur porteur Bryce Harper est lui aussi en mesure de frapper des coups de circuit – désolé, elle était facile et fort tentante – avec ses 522 verges et cinq touchés.

Parlant des Dinos, il n’y a pas que Jonathan Breton-Robert qui a électrisé les foules avec un attrapé incroyable. Le receveur Dallas Boath y est aussi allé d’un effort remarquable en demi-finale de l’Ouest contre les Huskies de l’Université de la Saskatchewan. (Voir à 0:39)

 

 

Les espoirs d’une victoire surprise des X-Men reposent essentiellement sur les épaules du quart Tivon Cook. Le pivot de cinquième année a complété 69,3% de ses passes, à égalité au premier rang du pays avec le favori pour remporter le trophée Hec Crighton, le quart des Rams de l’Université de Regina Noah Picton. Il a également affiché la 5e meilleure récolte de gains par la passe (2537 verges) et pointe au 3e rang pour les passes de touché (21).

Les vainqueurs de ces demi-finales se rencontreront la semaine prochaine, à Hamilton, à l’occasion de la 52e finale de la coupe Vanier.

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