Les 4 principaux « pipelines » collégial-universitaire

C’est bien connu, les joueurs de certaines institutions collégiales ont historiquement tendance à se diriger vers une université en particulier plutôt qu’une autre. Mais quels sont les mariages les plus communs ? Le Champ arrière a une fois de plus décortiqué les alignements de la saison 2016 des six équipes qui évoluent ou évoluaient – bonjour, les Gaiters – dans le Réseau du sport étudiant au Québec.

Par Arnaud Koenig-Soutière

Pour les initiés, vous vous souviendrez des pipelines du (défunt) jeu vidéo NCAA, qui permettaient d’établir une connexion avec un État en particulier en y recrutant plusieurs joueurs, ce qui facilitait le recrutement à cet endroit dans les années suivantes. La réalité n’est pas si différente, et l’effet d’influence fait parfois son bout de chemin!

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Plusieurs de ces connexions n’ont rien de surprenant ; elles sont même bien connues. Intéressant de constater, toutefois, les dessous de ces chiffres, et ceux qui passent un brin sous le radar.

Voici donc les quatre principaux pipelines au Québec.

Crédit photo: Jérôme Boiteau

Université Laval – Garneau

Il s’agit de la délégation la plus nombreuse d’une formation collégiale au sein d’un alignement universitaire, avec 13 représentants. Le lien entre Garneau et le Rouge et Or ne date pas d’hier. En fait, Glen Constantin puise dans ce terreau à quelques jets de pierre depuis des années, l’important contingent d’Élans étant l’une des pierres d’assise de la dynastie lavalloise.

Les Pierre-Luc Yao, Guillaume Rioux, Bruno Prud’homme, Tristan Grenon, et plus récemment Thomas Girard, Pierre Lavertu, Karl Lavoie et Jean-Simon Roy, ont tous occupé un rôle important dans l’une ou l’autre des neuf conquêtes de la coupe Vanier.

Il sera intéressant de voir de quelle façon cette affinité naturelle entre les deux établissements d’enseignement évoluera, le paysage de la division 1 dans la région de Québec ayant passablement changé au cours des dernières années. Autrefois, Garneau était la seule destination possible à Québec pour évoluer dans la meilleure division collégiale de la province. Depuis, Lévis-Lauzon, Limoilou et le Campus Notre-de-Dame-de-Foy s’y sont joints. Le Rouge et Or compte d’ailleurs dans ses rangs neuf anciens du CNDF, quatre de Lévis-Lauzon et trois de Limoilou.

Garneau perdra fort probablement la palme l’an prochain, justement au profit d’une autre source naturelle du Rouge et Or, le CNDF. Déjà onze finissants ont confirmé qu’ils évolueraient sur le terrain du PEPS pour les saisons à venir.

Crédit photo: Facebook

Université de Montréal – André-Grasset

L’excellence du Phénix, contrairement aux Élans, est un peu plus récente. Les frères Alexandre et Samuel Nadeau-Piuze, Mikhail Davidson et Laurent Duvernay-Tardif ont été des pionniers pour ce qui s’avère dorénavant l’un des programmes les plus riches en talent au Québec. Le nombre de finissants accédant au prochain niveau est un reflet direct de la fulgurante ascension que le programme a connue depuis 2010.

Dans les faits, il devient même surprenant de voir un Grassetois opter pour autre chose que le bleu. De ses 20 alumnis qui évoluaient au niveau universitaire québécois en 2016, douze d’entre eux foulaient le terrain du CEPSUM, soit le plus haut pourcentage de concentration au sein d’un même programme parmi les équipes de division 1 (60%).

La tendance semble se poursuivre pour les prochaines saisons. Cinq finissants du Phénix se sont commis envers la troupe de Danny Maciocia pour la saison prochaine, selon le site Allez les Bleus. Le joueur de ligne à l’attaque Alexis Dansereau s’est même déjà commis envers les Carabins pour la saison 2018. Un « pipeline » qui n’est probablement pas à la veille de se tarir.

Crédit photo: Facebook

Université de Montréal – Montmorency

Les étudiants-athlètes qui complètent leurs études collégiales à Laval ne cherchent pas trop loin, eux aussi, pour choisir où ils passeront les quatre ou cinq prochaines années de leur vie. Onze d’entre eux se sont dirigés sur le flan nord du mont Royal pour garnir les troupes de Danny Maciocia.

Les noms d’Antoine Pruneau, Gabriel Cousineau et Félix Ménard-Brière viennent évidemment en tête quand l’on pense à d’anciens Nomades qui ont laissé leur marque avec les Carabins.

Bien que Montmorency ne soit pas l’équipe collégiale qui forme le plus de joueurs universitaires, la qualité est sans aucun doute au rendez-vous. Malgré les succès mitigés qu’a connus sa seule formation collégiale, Laval est un territoire riche en talents et produit son lot d’athlètes de qualité année après année.

Crédit photo: Marc-Antoine Hallé

Université Bishop’s – Limoilou

Voilà une connexion dont l’avenir à court terme est questionnable. Se poursuivra-t-elle ? Avec le passage des Gaiters dans la conférence des Maritimes, l’entraîneur-chef Chérif Nicolas aura un défi supplémentaire, soit de cultiver les attraits du Coulter Field auprès des espoirs de Québec et ses environs.

Néanmoins, en 2016, onze étudiants-athlètes ayant fait leurs classes à Limoilou évoluaient à Lennoxville, dont le quart-arrière Mathieu Demers.

En fait, la région semble plutôt attrayante pour les finissants de Limoilou. Cinq anciens se sont retrouvés à quelques pas du Coulter Field, à l’Université de Sherbrooke. Ainsi, 16 des 22 anciens Titans qui jouaient au football universitaire au Québec la saison dernière le faisaient avec l’une des deux formations de l’Estrie.

Bishop’s pourrait même parvenir à accentuer ses succès sur le plan du recrutement en sol québécois : elle a tous les attraits d’une organisation du reste du Canada, mais à quelques heures de route à peine de Montréal et de Québec. Ajoutons à cela que Chérif Nicolas performe lorsque vient le temps de persuader des étudiants-athlètes de la qualité de son programme… Définitivement, l’évolution des Gaiters sera à surveiller.

Ce recensement permet de dresser d’autres constats intéressants. En voici quelques-uns.

  • La division 2 a aussi ses « pipelines », trois connexions se partageant la pole. Le Vert et Or compte dans ses rangs huit joueurs provenant du Noir et Or de Valleyfield, et tout autant des Volontaires de Sherbrooke. Les Carabins puisent aussi de façon importante, avec huit joueurs, chez les Lynx d’Édouard-Montpetit.

 

  • En division 3, ce sont les Vulkins de Victoriaville et les Indiens d’Ahuntsic qui représentent les pipelines les plus significatifs, eux qui ont envoyé six joueurs chacun aux Gaiters.

 

  • Le Rouge et Or a la cote pour les finissants de la première division : 57 de ses 70 joueurs provenaient de celle-ci. Les Carabins suivent, avec 55 de ses 84 joueurs émanant de la meilleure division collégiale. Le Vert et Or semble particulièrement attrayant pour les finissants des autres divisions, étant la destination favorite de ceux-ci. Sherbrooke comptait 33 anciens de la division 2 et 17 de la division 3.

 

  • Les Gaiters ne sont pas passés à l’est pour rien. Bishop’s misait sur 34 joueurs en provenance du reste du Canada, une proportion énorme compte tenu que ceux-ci débarquent dans les rangs universitaires deux ans avant leurs homologues québécois.

 

  • Les Stingers ont eux aussi une composition différente des trois universités francophones. Ils comptaient sur 38 joueurs américains ou canadiens, ce qui est presqu’autant que le nombre d’anciens des divisions 1 et 2 qui se trouvaient dans ses rangs (42).

 

  • En 2016, dans le RSEQ, 215 joueurs émanaient la division 1 ; 121 de la division 2 ; et 58 de la division 3.

 

Crédit photo en une: Dominique Bernier

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