La Coupe Spalding perd de son lustre

Tout footballeur québécois a déjà entendu parler du fameux «challenge». Cependant, la Coupe Spalding ne semble plus jouir de l’engouement d’antan, alors qu’il est de plus en plus difficile pour les entraîneurs d’inciter les joueurs à prendre part à cette compétition estivale.

Par Luc Turgeon

Autrefois connu comme le Challenge Wilson, le tournoi sera de retour pour une 22e année, du 6 au 15 juillet. Environ 800 joueurs fouleront le terrain du stade Hébert de St-Léonard pour l’occasion. Cependant, la Coupe Spalding ne serait plus aussi attrayante pour les jeunes joueurs, ou plutôt pour les responsables des sports de leur école secondaire selon Victor Tremblay, entraîneur-chef des Élites de Québec.

«Les risques de blessures font en sorte que certains programmes ne veulent pas envoyer leurs joueurs à ce tournoi, même s’il s’agit d’une très belle expérience», affirme-t-il. Si certaines formations recommandent fortement de ne pas participer, d’autres empêchent littéralement leurs joueurs d’y jouer. «Ça reste une minorité, mais il y a tout de même des responsables des sports qui privent leurs athlètes d’une belle compétition pour protéger leur propre saison», ajoute M. Tremblay.

Les coûts et le temps nécessaires représentent d’autres défis pour quelques formations afin d’avoir un alignement complet en vue du tournoi. Ces défis prennent de plus en plus d’importance, notamment en raison des appréhensions face aux commotions cérébrales

Source: Footballquebec.com

Une opportunité manquée

Selon Victor Tremblay, ce sont les jeunes qui sont les plus pénalisés. «Il faut juste que les entraîneurs croient aux bénéfices du tournoi. Moi, je pense qu’il faut mettre l’emphase sur tout le positif qu’apporte la Coupe Spalding chez un athlète plutôt que de le protéger de certains risques du sport», affirme-t-il, lui qui est aussi responsable des sports au Campus Notre-Dame-de-Foy. La rencontre de nouveaux coéquipiers et d’entraîneurs expérimentés représenterait aussi un avantage. «Je crois qu’il est important de sortir de sa zone de confort, parce que peu importe ce que les entraîneurs du secondaire organisent durant l’été, ils ne pourront jamais recréer l’expérience inoubliable du tournoi», estime M. Tremblay.

Créée en 1997, la Coupe Spalding a grandement évolué depuis sa naissance, passant de quatre à seize équipes, sans oublier l’ajout du MU-17, en 1999. Selon le directeur général de Football Québec, Jean-Charles Meffe, cette compétition représente une étape importante dans le développement des jeunes footballeurs de la belle Province. Elle vise notamment à donner l’opportunité aux meilleurs athlètes de s’affronter et à leur offrir une plus grande visibilité pour le recrutement.

L’équité pour le bien de tous

La composition des équipes est un bon exemple de changement, alors que le découpage des territoires entre les clubs a été modifié à quelques reprises. «C’est souvent une question de bassin et d’implication, explique Jean-Charles Meffe. Souvent, ce sont des programmes collégiaux qui chapeautent les formations et certaines régions doivent composer avec moins de joueurs que d’autres, ce qui rend la tâche plus difficile.»

C’est ce qui expliquerait l’apparition et la disparition de certains équipes au fil du temps. Si la Rive-Sud de Québec a eu sa propre formation durant quelques années, elle s’est d’abord jumelée à l’Estrie en 2017, pour maintenant rejoindre les rangs des Élites de Québec. D’ailleurs, cette formation regroupe les joueurs provenant de la Mauricie, de Québec et du Saguenay-Lac-St-Jean. Le Bas St-Laurent et la Rive-Sud de Québec font dont partie d’un groupe déjà très étendu. «C’était rendu une nécessité. Sans la Rive-Sud de Québec et les autres régions, on n’avait pas de club en MU-15 et ça aurait été difficile en MU-17», soutient Victor Tremblay.

De son côté, Jean-Charles Meffe croit que les changements apportés ont aussi été très bénéfiques pour la compétition. D’abord, le format à huit équipes faciliterait la création du calendrier et la logistique du tournoi. Ensuite, le jumelage de certaines régions formerait une plus grande équité qui bénéficierait à tous les athlètes en offrant de meilleures oppositions.

En 2018, ce sont seize équipes divisées en deux catégories d’âge (moins de 15 ans et moins de 17 ans) qui tenteront de mettre la main sur la précieuse Coupe. Les joueurs de QBFL tenteront de remporter les grands honneurs pour une troisième année consécutive dans le MU-17, tandis que Montréal-Métro souhaitera défendre son titre dans le MU-15. Il est possible de recevoir plus d’informations concernant l’horaire, les équipes ou le tournoi en visitant le site de Football Québec.

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