Le rouleau à pâte québécois

La cinquième semaine d’activités au football universitaire canadien, synonyme de mi-saison, a de nouveau démontré qu’une profonde disparité existe au Québec. Les Carabins (3-1) et le Rouge et Or (4-0) ont d’un côté comme de l’autre conclu la première moitié de la campagne avec une victoire aux allures de massacre.

Par Félix St-Aubin

L’Université de Montréal a mis la table à ce week-end où les ténors ont prouvé leur suprématie, samedi, avec un impitoyable triomphe de 74-3 à l’étranger contre les Stingers de l’Université Concordia (2-2).

L’Université Laval a emboîté le pas à ses grands rivaux en enregistrant dimanche un sévère gain de 53-7 à domicile face aux Redmen de l’Université McGill (1-3). Ils menaient déjà 42-0 à la mi-temps.

Les écarts cumulatifs des deux confrontations, qui seraient ni plus ni moins que les demi-finales des séries de la Coupe Dunsmore si la saison prenait fin aujourd’hui, s’élèvent à 117 points (71 en faveur des Bleus, 46 à l’avantage des Rouges). Toujours sans victoire, le Vert & Or de l’Université de Sherbrooke (0-4) est présentement écarté du tableau éliminatoire.

Classement après cinq semaines

Rouge et Or (4-0)

Carabins (3-1)

Stingers (2-2)

Redmen (1-3)

Vert et Or (0-4)

Le Rouge et Or aurait pu s’approcher davantage du plateau des Carabins, auteurs d’un record d’équipe en ce qui concerne les points marqués. Les Montréalais ont établi une nouvelle marque avec leurs 74 points, qui supplantent les 66 inscrits en 2009 contre les Redmen.

L’instructeur Glen Constantin a toutefois choisi de laisser son quart-arrière partant Hugo Richard sur les lignes de côté après la mi-temps. Sa journée de travail n’a pas franchi les 30 minutes de jeu en raison des six possessions qui séparaient déjà les deux universités.

Le vétéran de cinquième année a donné une clinique de football aux Redmen. Il a démontré une précision chirurgicale (29 en 31; 93,5 %) et a dépecé la tertiaire de l’institution anglophone durant sa demi-heure à titre de meneur offensif.

Richard a produit 5 touchés, 4 par la passe et 1 au sol, et a amassé 362 verges aériennes. Qui sait où il se serait arrêté si Constantin n’avait pas choisi de le remplacer par Samuel Chénard? Il n’est cependant pas difficile de s’imaginer le Rouge et Or atteindre les 70 points.

Les derniers chocs entre les universités Laval et McGill ont d’ailleurs donné lieu à des duels à sens unique qui se sont toujours soldés en faveur de la même équipe. Les hommes de Glen Constantin ont dominé les Redmen 53-7, 50-14, 34-0, 61-9, 57-10, 53-14 et 70-3 depuis 2014.

La domination est palpable, nul besoin de calculer une moyenne des pointages finaux.

Malgré tout, Constantin avait bon espoir que ses adversaires offrent à ses troupiers un défi intéressant.

« Nous nous attendions à une meilleure opposition, mais les Redmen sont jeunes et ont beaucoup de blessés. Dans l’ensemble, nous avons bien progressé. Ce que j’ai aimé le plus, ce ne sont pas les gros jeux, mais plutôt les poussées soutenues […] En défense, j’ai particulièrement apprécié notre caractère. Les gars ont bien répondu », mentionne le pilote qui a célébré la 169e victoire de sa carrière universitaire, lui permettant de se hisser au 2e rang dans l’histoire du USports.

Rarement a-t-on vu les Lavallois et les Montréalais servir de telles corrections durant un seul et même week-end, si l’on exclut bien sûr les rendez-vous avec les universités établies dans l’Est canadien.

Robo brille (encore)

Si aucun débat n’est nécessaire afin de déterminer la vedette offensive des Rouges, il en va de même chez les Carabins. Asnnel Robo s’est encore illustré dans un contexte de partage du champ arrière entre quatre porteurs de ballon.

Nouvelle semaine, nouveau coup de circuit. Des 145 verges parcourues par Robo, 77 l’ont été à la suite d’une course explosive. Deux de ses huit portées ont pris fin dans la zone des buts. L’un de ses deux attrapés ayant totalisé 19 verges également.

« Tous les matchs se gagnent avec une bonne préparation. Le jeu va beaucoup plus lentement quand tu t’es bien préparé. La ligne à l’attaque nous aide tellement. D’un point de vue collectif, tout le monde peut faire des jeux en travaillant ensemble », indique Robo.

« J’ai vu la manière dont Asnnel s’est préparé pendant toute la saison morte, il mérite amplement tout ce qui lui arrive. Je suis très content pour lui. C’est un homme. Il prend tout au sérieux et travaille vraiment fort », souligne l’entraîneur-chef Danny Maciocia.

La pierre angulaire de l’unité offensive des Bleus a gonflé sa moyenne de verges par course qui atteint désormais 10,7, soit 377 verges en 35 portées ; de bons arguments pour prétendre au titre fictif de joueur offensif par excellence à la mi-saison.

S’il poursuit dans cette même veine en octobre, Dimitri Morand pourra continuer d’apprendre le métier de quart partant en toute quiétude. Cet environnement est grandement favorable à son apprentissage.

Il n’y a pas que Robo qui a réussi un tour du chapeau, l’unité défensive s’est à son tour aventurée par trois fois en terre promise. Le joueur de ligne Philippe Lemieux-Cardinal et les demis défensifs Marc-Antoine Dequoy ainsi que Kerfalla Emmanuel Exumé se sont partagé la ceinture de revirements et le sombrero, remis à l’auteur du dernier majeur.

Le bataillon de Maciocia s’est montré intraitable après quatre des huit affrontements, n’accordant qu’un seul touché et 26 points. Au même titre que Robo, il facilite la tâche de Morand, qui peut la plupart du temps travailler avec un coussin de quelques possessions.

Crédits photos : Rouge et Or de l’Université Laval ; James Hajjar – Carabins de l’Université de Montréal

Laisser un commentaire

Votre adresse de courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *