Vert & Or : La malchance au cœur de la reconstruction

Il est inutile de regarder bien loin afin de constater les raisons des déboires offensifs du Vert & Or (0-4) avant la mi-saison. La mauvaise fortune s’est abattue sur l’attaque sherbrookoise en 2018, ayant pour effet de compliquer la tâche de l’attaque.

Par Félix St-Aubin

Un mois avant que la campagne ne se mette en branle, l’entraîneur-chef Mathieu Lecompte a perdu les services de son coordonnateur offensif Jason Hogan qui a accepté un poste d’instructeur des quarts-arrières avec les Carabins.

Le pivot Alex Jacob-Michaud a également quitté l’équipe à l’aube de sa troisième année dans le Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ). Il avait été utilisé plus que quiconque derrière le centre en 2017, lançant 147 des 231 ballons distribués.

Charles-Xavier Owens (58) et Conor Sinclair (26) avaient décroché les autres passes.

La peau de cochon a été confiée d’emblée à Owens lors de l’ouverture locale contre le Rouge et Or de l’Université Laval (4-0), mais cela n’a pas duré. Une commotion cérébrale a mis un frein à une première demie bien encourageante.

La verte recrue Joé Hudon a été appelée en renfort, tout comme lors du deuxième match où Sinclair est tombé au combat après avoir amorcé la rencontre.

Hudon a eu droit à son départ, lui aussi, la semaine suivante pendant que le successeur de Jacob-Michaud se rétablissait de sa blessure cérébrale. Owens a repris les commandes de l’attaque avant la semaine de congés.

Maintenant, reprenez votre souffle.

« On veut se trouver une stabilité au poste de quart, confie Mathieu Lecompte au Champ arrière. Xavier Owens est arrivé cette année en étant prêt, et très précis durant le camp d’entraînement. Il allait très bien, mais c’est sûr qu’avec sa blessure au début de l’année, après avoir reçu un coup à la tête contre l’Université Laval, on a cherché à le protéger. On a suivi le protocole à la lettre. »

« Ça fait en sorte qu’on n’a pas pu s’établir en attaque comme on le voulait, enchaîne-t-il. Ç’a été plus difficile, on ne se fera pas de cachettes. Malgré cinq revirements causés contre l’Université Concordia, on n’est pas sortis avec la victoire. Il faut se regarder dans le miroir. »

Manque de punch

Cette instabilité concernant ce qui touche directement à la position névralgique de quart explique avec justesse la maigre récolte de 40 points, dont 2 touchés offensifs, des Renards jusqu’ici.

L’équation se présente comme suit : trois simples (3), deux touchés de sûreté (4), quatre placements (12), deux majeurs offensifs (12), un touché défensif (6) et trois convertis d’un point (3).

Gabriel Polan

Le nouveau coordonnateur Rémi Giguère, qui a remplacé Hogan au pied levé, s’est tourné vers son porteur de ballon Gabriel Polan. L’auteur de 64 et 63 courses, respectivement en 8 et 6 duels lors des campagnes 2016 et 2017, en compte déjà 53 après 4 matchs cette saison.

Aucun de ses homologues n’a atteint la quarantaine de portées cette saison. Daniel Adesegun, un porte-couleurs des Redmen (1-3), pointe au 2e échelon à ce chapitre avec 38 remises dans ses mains.

Polan a parcouru 214 verges, mais n’a toujours pas visité la zone payante. Les efforts des unités défensives adverses sont concentrés pour le stopper étant donné que l’attaque du Vert & Or passe par ses aptitudes.

C’est d’autant plus le cas lorsqu’une hécatombe au poste de quart se produit.

Défense efficace

Mis à part l’affrontement contre les Carabins (3-1) en sol estrien, le Vert & Or a fort bien tenu son bout face aux trois autres universités québécoises, spécialement lors de la visite du Rouge et Or.

« C’est l’exécution [qui a fait défaut], il faut se regarder dans le miroir, peu importe les situations qu’on a vécues, analyse Lecompte. On a eu certains petits problèmes d’exécution, en attaque, en défense et dans les unités spéciales. »

« Il faut mettre les bouchées doubles et travailler fort, donc au niveau de l’exécution on va essayer de s’améliorer. J’ai hâte de voir comment les gars vont répondre en deuxième partie de saison, on devrait prendre un certain rythme », renchérit-il.

Les prouesses de la défense, notamment en ce qui a trait aux revirements, ont la plupart du temps permis aux Renards d’être dans le coup face à leurs rivaux.

Le bataillon de Guillaume Boucher a dérobé le ballon à ses adversaires à 10 reprises, un sommet dans le RSEQ qu’il partage avec les universités McGill et de Montréal.

« Pour moi, ce n’est pas une surprise de voir la défense de coach Boucher performer en ce moment, soutient Lecompte. Peu importe l’âge des jeunes et où ils sont rendus, je pense qu’il a trouvé une formule qui fait en sorte qu’ils comprennent bien [son plan]. Ce n’est pas une grande surprise pour nous autres. »

Mathieu Lecompte

Si l’on soustrait les 4 interceptions du trio de pivots aux 10 revirements causés, on se retrouve avec un rendement de +6, plus que n’importe qui dans la Belle Province. À titre indicatif, les Bleus et les Rouges suivent dans l’ordre à +5 et +2.

Les membres de la tertiaire Alexandre Gravel-Vermet et Justin Roy ont chacun enregistré deux larcins, tandis qu’Anthony Chagnon a récupéré deux fois un ballon égaré au sol à la suite d’un échappé.

« Au début de la saison, je disais aux journalistes qu’on était en reconstruction. C’est un mot qui, souvent, fait peur aux gens, mais chez nous on n’a pas peur de s’affirmer, d’afficher nos couleurs et de dire qu’on est en reconstruction », indique Lecompte.

« Plus de 80 % de nos 48 joueurs habillés sont des premières ou des deuxièmes années, ajoute-t-il. Seulement cinq joueurs de cinquième année quitteront le Vert & Or plus tard cette année. »

Lecompte est bien conscient que ses troupiers se retrouvent dans les étapes initiales du processus de redressement du programme de football sherbrookois.

« Quand on parle de reconstruction, on parle de jeune équipe. On ne peut pas associer le mot “ profondeur ” à une reconstruction ou à une jeune équipe. Ce n’est pas par manque de structure, de volonté ou d’aspiration, c’est une constatation d’où est-ce qu’on est rendus comme organisation dans cette restructuration. »

« Maintenant, c’est simplement d’accepter notre réalité, continue le pilote du Vert & Or. L’avenir est beau chez nous. Pour la deuxième moitié de la saison, on va aller se battre en famille, tout le monde [ensemble], et trouver des solutions pour gagner les matchs qu’on se doit de remporter pour entrer en séries. »

Crédits photos : Vert et Or de l’Université de Sherbrooke ; Yves Longpré

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