Le Rouge et Or et l’aura d’invincibilité

Moins d’une semaine après le Rouge et Or (7-0), au tour des Carabins (5-2) de sécuriser un match à domicile dans le cadre des demi-finales au football universitaire québécois. L’Université Laval s’est quant à elle approchée à une longueur d’une énième saison parfaite lors du dernier week-end.

Un texte de Félix St-Aubin

Les deux chocs hebdomadaires ont pris place samedi après-midi de chaque côté de la montagne. Et comme c’est fréquemment le cas cet automne, les ténors lavallois et montréalais n’ont eu aucune difficulté à engranger les deux points.

Pendant que le Rouge et Or filait vers une victoire sans équivoque de 57-13 contre les Redmen (1-5), atteignant la cinquantaine de points pour la troisième fois en quatre matchs, les Carabins s’imposaient avec aisance 24-0 face aux Stingers (2-4), limitant leurs adversaires à un placement ou moins pour une quatrième occasion en 2018.

Les campagnes sans défaite étaient devenues monnaie courante au tournant du troisième millénaire. Ce n’est maintenant plus le cas en raison de la progression du programme de football des Carabins. De 2005 à 2010, le Rouge et Or a bouclé quatre saisons avec un zéro dans la colonne des revers, dont une fois lors d’années consécutives. Ils ont depuis réalisé cet exploit à une reprise, en 2013. Les seules défaites qu’ont subies les protégés de Glen Constantin durant les calendriers de 2011, 2012 et 2014 à 2017 ont été l’œuvre des Bleus, ce qui a eu pour effet de construire une saine, mais féroce rivalité qui prend de l’ampleur.

Cette fois-ci, la troupe de Danny Maciocia n’a pas su faire le nécessaire pour couper la poire en deux. C’est au Vert & Or de l’Université de Sherbrooke (1-5) que reviendra la tâche colossale d’empêcher le Rouge et Or d’inscrire la sixième campagne parfaite de son histoire. Les deux universités se sont croisées en Estrie d’entrée de jeu à la fin du mois d’août. L’unité défensive de Guillaume Boucher avait dicté le ton en neutralisant Hugo Richard dans l’une de ses rares performances en deçà des attentes. Simple erreur de parcours pour le futur joueur par excellence au Québec, qui a tout détruit sur son passage par la suite comme en font foi sa récolte de 2100 verges combinées (1894 par la passe et 206 au sol) et les 18 touchés (15 par la passe et 3 au sol) qu’il a inscrits.

Les protégés de Mathieu Lecompte auront fort à faire pour rééditer leur prestation initiale de la campagne. Et encore plus pour renverser le géant lavallois sur ses terres. Richard n’a jamais perdu un seul match contre l’une ou l’autre des institutions québécoises n’étant pas l’Université de Montréal. En fait, à quand remonte le dernier revers du Rouge et Or à ce chapitre? Roulements de tambour… au 4 octobre 2003. Une 15e année a récemment été ajoutée à cette séquence qui démontre une fois de plus un flagrant manque de parité à travers le Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ).

Ce sont les Stingers qui avaient triomphé des représentants de la capitale provinciale, menés par Mathieu Bertrand, qui était sur le point d’achever son parcours universitaire.

Deux visages

L’équipe qui accueillera le Vert & Or sera quasiment identique à celle qui s’est rendue à Sherbrooke en lever de rideau. Sur papier du moins. Sur le terrain, le contraste risque d’être frappant. L’élément qui différencie le plus le Rouge et Or et les Carabins de la seconde garde réside dans la croissance hebdomadaire. La progression en crescendo permet bon an mal an aux deux favoris de distancer leurs trois rivaux.

L’entraîneur-chef Mathieu Lecompte en avait fait mention lors d’une entrevue qu’il a accordée au Champ arrière à la fin du mois de septembre.

« La réalité, c’est qu’à chaque semaine d’activités dans le RSEQ, le jeu prend de la vitesse. L’exécution est meilleure, tout le monde devient meilleur de semaine en semaine. »

La courbe de progression est simplement différente d’un programme à l’autre.

Richard au firmament

Déjà détenteur des records du plus grand nombre de passes de touché en un match (7) et en une saison (22), Richard s’attaque maintenant à la marque des relais payants en carrière avec son ultime tour de piste qui pointe à l’horizon.

Ses cinq passes de touché enregistrées au stade Percival-Molson l’ont approché à une réussite du sommet qui est occupé par Jérémi Roch, un porte-couleurs du Vert & Or de 2011 à 2015, auteur de 68 majeurs par la voie aérienne.

Richard pointe également au 4e rang en ce qui a trait aux touchés marqués au sol. Il en compte 29, soit 6 de moins que Jamall Lee (35). Ce dernier évoluait comme porteur de ballon, et non au poste de quart-arrière, il est important de le rappeler, avec les Gaiters de l’Université Bishop’s de 2005 à 2008. Il serait fort bien surprenant que Richard rejoigne Lee, voire impensable avec une rencontre à disputer. Les 3e et 2e échelons appartenant respectivement à Pierre-Luc Yao (31; Université Laval de 2003 à 2007) et Phil Côté (32; Université d’Ottawa de 1996 à 2000) sont toutefois à sa portée.

Les réalisations personnelles et collectives de Richard, double champion de la Coupe Dunsmore (2016 et 2017) et une fois vainqueur de la Coupe Vanier (2016), font de lui le nouveau monarque du football universitaire québécois à la position de quart-arrière.

Les prochaines confrontations, principalement à compter du mois de novembre, offriront les dernières informations nécessaires concernant sa place parmi l’élite à l’échelle nationale.

Hugo Richard en chiffres

67 passes de touché en carrière

29 touchés au sol en carrière

En 2018 (passe) : 147 en 207, 1894 verges, 15 passes de touché.

En 2018 (sol) : 206 verges et 4 touchés

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