Stingers et Vert & Or, du cauchemar au rêve

Le couperet est tombé. Un bris d’égalité a été nécessaire pour expédier les Stingers (2-6) à l’extérieur du portrait éliminatoire au football québécois. L’entame de la saison ne laissait pas présager pareille chute du programme de l’Université Concordia. Le tout a cependant débouché sur un improbable dénouement qui s’apparente à un scénario de Walt Disney pour le Vert & Or (2-6).

Par Félix St-Aubin

Les premiers pas de l’entraîneur-chef Brad Collinson à la barre d’une formation universitaire se sont déroulés sans trop d’embûches. Le revers en lever de rideau au stade Telus, son domicile durant de nombreuses années jusqu’à tout récemment, était prévisible.

Les victoires enregistrées tôt dans le calendrier contre des rivaux directs pour accéder aux séries, soit les Redmen (2-6) et le Vert & Or, ont redonné vie à une équipe ayant eu une saison morte mouvementée.

Forts d’un dossier de 2-1, les Stingers étaient en très bonne position afin de danser au bal automnal pour une cinquième campagne d’affilée. Le vent a cependant tourné.

Une cinglante défaite de 75-3 subie aux mains des Carabins (6-2) a amorcé une descente aux enfers de cinq revers consécutifs qui s’est soldée par une exclusion du tableau éliminatoire.

Nouveau meneur offensif

Contre toute attente, les Renards ont coiffé les Piqueurs au fil d’arrivée grâce au différentiel des points marqués et accordés dans les rencontres opposant exclusivement deux formations de la seconde garde.

Un gain par cinq points ou moins aurait été insuffisant pour que les hommes de Mathieu Lecompte puissent poursuivre leur saison. Ils l’ont emporté 28-21, de surcroît face aux Stingers.

C’est Samuel Bolduc-Goulet, le quatrième quart-arrière différent à obtenir un départ cette année dans le camp sherbrookois, qui a guidé l’attaque du Vert & Or vers sa meilleure prestation offensive de la campagne. Et de loin.

Les Renards avaient auparavant mis 20 points au tableau au début du mois de septembre, ce qui constituait jusque-là un sommet et la seule performance de 15 points ou plus.

Bolduc-Goulet a donc pris les rênes de l’attaque qui ont plus tôt appartenues à Joé Hudon, Charles-Xavier Owens et Conor Sinclair.

« On a laissé plus de place à Samuel cette semaine pour lui permettre de montrer ce qu’il pouvait apporter à notre attaque. Il a bien progressé au cours des entraînements, ce qui nous a incités à lui donner le ballon en début de match », explique le coordonnateur offensif, Rémi Giguère.

Saisir l’occasion

Rappelons que c’est notamment en raison des défaillances au poste de quart, d’abord causé par l’épisode Jason Hogan, puis à la suite de diverses blessures, sans oublier le départ d’Alex Jacob-Michaud, que les troupiers de Lecompte n’avaient toujours pas brisé la glace dans la colonne des victoires à mi-parcours.

Et c’est un joueur à cette même position qui est débarqué dans l’entourage de l’équipe sur le tard de la saison qui a porté l’équipe sur ses épaules jusqu’aux éliminatoires.

« Il est avec nous depuis plusieurs semaines déjà. On avait au départ des objectifs de le développer [dans le but de l’utiliser] à moyen et long terme, mais là, il n’a pas raté sa chance de nous aider à gagner », se réjouit Giguère.

Bolduc-Goulet a complété 16 de ses 28 relais pour des gains de 185 verges et 2 passes de touché. Il a également porté le ballon 2 fois pour 22 verges.

Mieux encore. En retard 21-7 avec un peu moins de 10 minutes à écouler au quart ultime, la recrue a mené son bataillon à trois majeurs consécutifs pour mettre un terme à la campagne des Stingers.

Question d’ajouter une petite touche hollywoodienne à l’histoire, le pivot n’avait pas entamé un match de football depuis l’école secondaire en 2015.

Il ne figure d’ailleurs toujours pas dans la liste des joueurs actifs sur la page web du Vert & Or.

Quand quelqu’un déjoue les pronostics… Il y a des scénarios qui ont été portés au grand écran pour bien moins que ça.

« Tout au long du match, j’ai senti que mes coéquipiers me faisaient confiance. Je suis super content d’avoir joué un premier match de football en trois ans, confie Bolduc-Goulet. Même quand mes passes n’étaient pas à la hauteur, nos receveurs ont su faire les attrapés. »

« Les gars ne m’ont pas mis de pression pendant tout le match et m’ont soutenu quand je faisais des erreurs », poursuit celui qui a porté l’uniforme des Volontaires du Cégep de Sherbrooke et des Cougars du Collège Champlain.

Polan se lève et s’impose

Bolduc-Goulet n’a pas concrétisé cet inattendu triomphe à lui seul. Une autre histoire s’écrivait dans le champ arrière au moment où il rédigeait la sienne.

Le porteur de ballon de quatrième année Gabriel Polan a continué d’être l’homme à tout faire dans l’unité offensive du Vert & Or, portant la peau de cochon à 25 reprises pour une récolte de 213 verges et 2 touchés.

« On avait un plan de match clair de courir avec le ballon, et les gars ont bien bloqué devant moi durant toute la rencontre, a commenté Polan. Je suis content de mon match, mais surtout d’avoir permis aux efforts de mes coéquipiers de nous faire gagner la confrontation. »

Ses 122 courses et 666 verges parcourues en 8 duels, qui lui confèrent une moyenne de 83,2 verges par affrontement, ne sont pas égalées parmi ses homologues de la Belle Province. Il a aussi marqué 3 touchés au sol et capté 7 passes pour 25 verges cette saison.

Polan est un rouage important de l’attaque sherbrookoise depuis sa deuxième campagne, en 2016, qui est réputé pour livrer la marchandise lorsque la situation l’exige. Il l’a nettement démontré en clôture de saison.

Il a d’autant plus été décoré d’un deuxième titre de joueur offensif par excellence en quatre matchs, l’autre étant récolté le 9 octobre face à l’Université McGill, au retour de la première semaine de congés, dans un choc déterminant pour le Vert & Or.

Des statistiques franchement intéressantes pour un joueur qui sera admissible au prochain repêchage de la Ligue canadienne de football (LCF) prévu au printemps 2019.

Crédits photos : Yves Longpré

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