Carl Gourgues : pilier d’une tradition gagnante

Si Mathieu Betts a brillé toute la semaine au camp d’entraînement du East-West Shrine Game, Carl Gourgues a été le premier représentant du Rouge et Or à prendre part à ce prestigieux événement. Maintenant entraîneur et facteur, ce dernier a bien voulu s’entretenir avec Le Champ arrière pour revenir sur sa carrière et sur son expérience au sud de la frontière.

Par Luc Turgeon

C’est en janvier 2004 que Carl Gourgues s’est rendu à San Francisco afin de se faire voir par les recruteurs de toutes les équipes de la NFL. «C’était une très belle expérience, il n’y a pas grand-chose qui a ressemblé à ça niveau football dans ma carrière», soutient le joueur de ligne offensive, qui avait été «réellement impressionné» par l’ampleur de l’événement. Le joueur originaire du Cap-de-la-Madeleine ajoute que le football prend effectivement beaucoup de place tout au long de la semaine, mais que les représentants de chaque organisation vont bien plus loin lors des discussions. Des questions précises sur la personnalité, sur les habitudes de vie et sur les objectifs de la vedette lavalloise lui avait alors été posées.

 

«D’un côté, tu as des gens de 32 équipes NFL qui t’appellent par ton nom à l’hôtel et de l’autre, tu joues du très gros football contre des joueurs très talentueux toute la semaine. C’était toute une expérience.»

 

Le fait de pratiquer quotidiennement devant toutes ces personnes l’a également marqué. Selon lui, la vitesse d’exécution et la réaction au ballon étaient supérieures à tout ce qu’il avait vu par le passé sur un terrain. «C’est comme au Rhode Island: physiquement, j’étais un des tops de mon équipe. Sur la ligne offensive, j’étais le plus rapide et j’avais une excellente force physique, mais les gars réagissent plus vite et voient le jeu beaucoup plus rapidement à ce niveau.» Il estime tout de même que l’écart entre les deux pays semble moins important aujourd’hui.

Un parcours inspirant

La carrière de Carl Gourgues mérite qu’on y porte attention. Ce dernier a commencé le football en secondaire 2 à l’Académie les Estacades, où il a remporté deux Bols d’or. Il a ensuite porté l’uniforme des Diablos du Cégep de Trois-Rivières, de 1996 à 1998. «J’ai évolué deux années comme garde, puis j’ai été fullback à ma dernière saison, où j’ai vraiment eu du fun», se rappelle-t-il, alors qu’il mesurait 6 pi et faisait osciller la balance à 275 lbs.

«Non seulement j’étais gros et physique, mais je courais pas loin d’un 5flat au 40 verges! On a établi le record de verges au sol en Division 1 avec Jean-Michel Paquette comme porteur de ballon, qui a couru pour plus de 2000 verges cette année-là.»

Un record de 2095 verges qui tient toujours d’ailleurs, tout comme ceux de 28 touchés au sol et de 265 portées en une seule saison, tous détenus par Paquette. L’ancien porteur des Faucons du Cégep Lévis-Lauzon et actuellement membre du Rouge et Or, Joanik Masse, a passé bien près de dépasser ces marques en 2016, pour finalement se classer bon deuxième dans l’histoire de la Division 1 dans chacune des trois catégories. «Ça aurait été vraiment cool qu’un gars que j’ai coaché aux Corsaires batte ces records-là! J’avais du fun à suivre sa saison il y a deux ans», se souvient Gourgues.

Bref séjour au Rhode Island

Le costaud footballeur a ensuite pris part à différents camps d’entraînement afin de se faire remarquer par des universités américaines. «Il y avait un gars qui s’appelait Ron Dias qui organisait des showcases un peu partout au Canada et j’en avais fait trois ou quatre avec des coéquipiers des Diablos, raconte-t-il. Un de mes coachs m’avait aussi fait un highlight et avait envoyé des cassettes VHS aux entraîneurs universitaires des États-Unis. En gros, c’est comme ça que ça fonctionnait à l’époque.»

Plusieurs programmes tels que le Maine, le Vermont et le New Hampshire l’avaient approché. Gourgues a préféré s’engager avec les Rams de l’Université du Rhode Island, qui lui offraient une bourse complète. Son séjour a cependant été plus court que prévu, alors qu’il a choisi de revenir au Québec après une seule campagne en NCAA.

«Je ne me sentais pas bien là-bas et l’expérience n’était pas ce à quoi je m’attendais. Je ne trippais peut-être pas assez football à l’époque, mais toute la pression qui était apportée en retour du full scholarship n’était pas faite pour moi, j’étais assez jeune et je voulais surtout jouer pour le fun», résume le garde offensif.

Carl Gourgues a donc rejoint le Rouge et Or de l’Université Laval, avec qui il a joué trois saisons, de 2001 à 2003. Il s’est imposé dès son arrivée en mettant la main sur le trophée J.P. Metras remis au meilleur joueur de ligne au Canada. Le numéro 66 a ensuite soulevé la Coupe Vanier en 2003; automne où le Rouge et Or avait marqué 481 points en saison régulière (huit rencontres).

Chez les pros

Le joueur de ligne toute étoile a été repêché en 2003 par les Lions de la Colombie-Britannique en troisième ronde, 24e au total.

«C’est quand même le fun de jouer là-dedans, mais l’ambiance change. Je me souviens à ma première année, j’avais mon rituel d’avant-match et je me préparais avant d’entrer sur le terrain avec beaucoup d’énergie. Juste à côté de moi, il y avait un vétéran de plusieurs saisons qui était super calme, pour qui c’était juste une autre journée au travail», image-t-il.

Carl Gourgues a joué deux saisons avec les Lions et une autre avec les Tiger Cats de Hamilton, avant d’être retranché par cette même formation. Au moment où il avait décidé de terminer ses études en Communication, il a reçu un coup de fil des Stampeders de Calgary. Une semaine sur l’équipe de pratique s’est écoulée et le joueur de ligne n’était pas intéressé, l’incitant à rentrer à la maison et à finalement accrocher ses crampons.

S’impliquer et partager son savoir

«Ma copine et moi sommes venus nous installer à Lévis et j’ai commencé à coacher le sport-études avec les Corsaires. J’ai ensuite été nommé entraîneur-chef du juvénile.» Coach Carl aura occupé ce poste pendant sept saisons, mettant la main sur deux Bols d’or au passage, en 2013 et en 2014 en Division 1-b. Depuis l’automne dernier, il fait partie du personnel des Faucons où il dirige la ligne offensive, poste qu’il reprendra en 2019.

«Ça va me manquer de ne plus être entraîneur-chef, mais j’aime vraiment l’idée de m’occuper seulement de mes Olines. J’ai apprécié la dernière saison et on va continuer de progresser cette année», conclut-il.

 

Quelques chiffres

Deux Bols d’or avec les Estacades

Une Coupe Vanier avec le Rouge et Or de l’Université Laval

Premier joueur du Rouge et Or à participer au Shrine Game et à gagner le J.P. Metras

Deux Bols d’or à titre d’entraîneur-chef avec les Corsaires

 

Photos tirées de Facebook.

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